1769 - L'Opera Seria, une satire de l'opéra

Le théâtre dans le théâtre ...

La satire du librettiste Calzabigi dénonce les abus pratiqués dans les théâtres italiens. Elle s’inspire du pamphlet de Benedetto Marcello, Le théâtre à la mode qui distille dans un style sarcastique et mordant, des soi-disant « conseils » aux librettistes, compositeurs, chanteurs et chanteuses, directeurs de théâtres, musiciens, machinistes, peintres, danseurs, figurants, souffleurs et aux mères des chanteuses…

Gassmann réussit avec L’Opera Seria un tour de force : l’équilibre entre deux langages musicaux très différents l’un de l’autre, d’un côté, celui de l’opéra bouffe, avec sa peinture précise et tatillone de chaque personnage, de l’autre, celui de la caricature de l’opéra seria et de ses vieux poncifs avec Oranzebe, sorte de Aïda baroque répété à l’acte II, représenté et copieusement hué à l’acte III.

 

Montrer tout au long de l’opéra le rapport entre la « scène » et les « coulisses »  (couloirs, bureaux, toilettes, loges …) - Le décor évolutif - portes mobiles - permet de configurer une multitude d’espaces en fonction des scènes laissant également visibles d’autres scènes en arrière plan.

L’acte 1 et 2 représentés sans entracte montrent les rapports entre les chanteurs, les directeurs de théâtre, les metteurs en scène, les compositeurs …  Les personnages seront traités de façon caricaturale à la limite de la réalité. L’acte 3, l’acte de la représentation, montre le chanteur dans toute sa splendeur, centré sur lui même, idiot, jaloux…

Cette satire du théâtre lyrique, Le Théâtre à la mode de Benedetto Marcello sera le point de départ, de la caractérisation des personnages, des situations (« sur le théâtre, il chantera bouche fermée, les dents serrées, et fera tout son possible pour qu’on ne saisisse pas un mot de ce qu’il dit, prenant soin dans les récitatifs à ne pas respecter ni points, ni virgules. Il saluera les masques dans les loges, sourira aux instrumentistes, pour que le public comprenne qu’il est, lui, Alipio Forconi, chanteur, et non le prince Zoroastre, qu’il représente. [… ]  au milieu de l’air, la chanteuse se mettant à tousser, Madame sa mère interviendra : “En vérité, elle n’a reçu ce morceau que très récemment, c’est pourquoi elle le chante presque en improvisant ; mais elle vous chantera des airs de Giustino ou de Faramondo, qui sont bien plus beaux que celui-ci”. »)

Printemps des Arts de Nantes et Abbaye Royale de Fontevraud - Juillet 2010

Direction : Raphaël Pichon 

Costumes et collaboration scénographie : Christine Nicod
Lumières : Marion Durand-Gendron
Collaboration mouvements chorégraphiques : Claudio Girard

Stonatrilla : Chantal Santon
Smorfiosa : Dorothée Lorthiois
Porporina : Mayuko Yasuda
Fallito : Diogo Oliveira
Ritornello : Rodrigo Ferreira
Sospiro : Fernando Guimaraes
Delirio : Cozmin Sime
Passagallo : Marc Callahan
Bragherona : Michal Czerniawski
Caverna : Jake Arditti
Befana / La Rapina : Claudio Girard